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BRUNE Jean

30/05/2007 - Lu 5338 fois
Jean BRUNE Ecrivain et Journaliste 1912 - 1973

Né à Aïn-Bessem en 1912, localité agricole à 130 km d'Alger, sa famille est implantée sur le territoire d'Algérie depuis deux générations.
Sommaire

•1 Généalogie
•2 Biographie
•3 Son oeuvre
•4 Fondateur de la SÉPIA
•5 Sa Bibiographie
•6 Citation
•7 Bibliographie
•8 Liens utiles (externes)


Généalogie
C'est en 1850 que son grand-père, François Brune, s'installe à Koléa. C'est un simple charpentier arrivant de sa Bigorre natale. Il va rencontrer Françoise Pinet, fille de modestes fermiers franc-comtois, ayant comme bien d'autres, tenté leur chance en Algérie sur des promesses fallacieuses, dont la famille sera bientôt décimée par les fièvres, contraignant les filles survivantes de se placer comme bonnes dans des familles de fonctionnaires ou d'officiers. Du mariage qui va en résulter naîtront neuf enfants dont, en 1858, Clément le père de Jean Brune. Clément épousera Marguerite Courtin en 1908, sa propre nièce, de 24 ans plus jeune que lui, fille d'une de ses soeurs, laquelle avait épousé un certain Charles Courtin, lui même administrateur de commune mixte et ...romancier (auteur, entre autres, d'un sombre roman : "La Brousse qui mangea l'homme" , fortement marqué par la menace latente de l' Afrique pesant sur l' homme blanc), fils de Jean Courtin, ouvrier agricole. Clément Brune, après avoir été instituteur, a intégré l'administration locale, pour devenir à son tour administrateur de commune mixte.
Ayant perdu sa mère à l'âge de 18 mois, décédée en mettant au monde un autre enfant, il va être balloté au gré des mutations de son père, dont les activités administratives, sur ces étendues immenses, ne laissent guère à celui-ci la faculté de s'occuper d'un enfant en bas âge.

Biographie
Les premières années de la vie de Jean Brune vont être marquées par une continuelle mouvance, pris en charge par ses grands-mères, ses oncles, ses tantes et cousines, un peu partout dans le département d'Alger, dans <<l'intérieur>> comme on disait là-bas, notamment en Kabylie, tous lieux où les Musulmans sont en nette majorité et où les futurs <<Pieds-Noirs>> sont encore des pionniers. Il y puisera sur le terrain la connaissance et une profonde affection à l'égard des Berbères, de leur us et coutumes, de leur langue, tandis qu'un séjour au Maroc va lui faire apprendre l'arabe.
Le temps des études secondaires venu, il rejoindra Alger et intégrera son célèbre Grand Lycée, plus connu sous le nom de <<Lycée Bugeaud>>, qui marquera à jamais des générations de pieds-noirs.
Jean Brune côtoiera alors un détonant brassage de garnements, fils d' Espagnols, d' Italiens et de Maltais, assortis d' un fort contingent issu de communauté juive d' Algérie.
Parmi ces condisciples, il se liera avec Albert Camus et ce lien, aussi discret que solide, se perpétuera jusqu' à la fin
Après le guerre de 39-40 et après avoir été démobilisé, il va tâter du théâtre, se liant à l' actrice Germaine Sablon, et en participant à la naissance des fameux <<Trois Baudets>>. Il gagne sa vie dans le domaine des arts et plastiques, baignant dans l'univers quotidien des peintres, sculpteurs, dessinateurs.
Lorsque L'Armée d'Afrique est reconstituée, Jean Brune regagne son unité, dans les chars, et fera ainsi les campagnes d' Italie et de France via le débarquement en Provence.
En 1945, il est libéré et par bravade comme par nécessité, il se fait embaucher comme dessinateur de théâtre par le journal "Ce Soir" qui est... communiste et dirigé par Aragon ! Assez rapidement découvert comme ancien <<Camelot du Roi>>, il est licencié et regagne Alger.
C'est là un des grands tournants de son existence.
Après un bref passage au quotidien libéral, Le Journal d'Alger, il entre en 1949 au journal La Dépêche Quotidienne, où chargé des faits divers, il va donner une grande envergure à ce sujet. Ses articles sont de véritables enquêtes de Grand Reporter, et la direction du journal sera amenée à créer de véritables pages régionales : La dépêche de Kabylie, la Dépêche du Titteri (Médéa), la Dépêche du Chéliff (Orléansville), Ce sera une première à Alger
C'est le départ précipité de la terre natale, dans la confusion et le mystère, Jean Brune a commencé alors un exil qui ne prendra fin qu'avec sa vie à Nouméa, en 1973

Son oeuvre
Son oeuvre, tout comme son être même, sera marquée de cette empreinte indélibile. Or, c'est justement à ce moment que la carrière d'écrivain de Brune commence, avec la dernière main mise à son ouvrage premier ouvrage, une oeuvre majeure, un des fleurons de la littérature française d'Afrique du Nord et sur l'Afrique du Nord :
<<Cette Haine qui ressemble à l'Amour>>
Jean Brune proposa en 1962, une vaste fresque de la colonisation intitulée Cette haine qui ressemble à de l’amour où apparaissent dans leurs multiples affrontements les différentes couches de la société arabo-berbère et européenne. Le romancier incite le lecteur à entrer dans la psychologie des uns et des autres en mettant l’accent sur le fait que, malgré les apparences, les hommes sont plus proches qu’on ne le croit :
Plutôt que de tuer les hommes qui nous haïssent, nous tuerons en eux, à force d’amour, la haine qu’ils nous portent ” .

Fondateur de la SÉPIA
Naissance
Jean Brune avec cinq amis euphoriques, réunis autour d'une table, chargée d'abondantes fritures et de vin blanc, pensèrent qu'il serait bien, de bon aloi et sain, de pouvoir se réunir régulièrement pour maintenir, voire consolider, leur amitié. C 'était en 1953 à Alger au <<Lion d'Afrique>>, sous les voûtes de la Pêcherie.
Au fil du temps les règles de l' "Ordre" se dégagérent, il fallut désigner un "Commandeur" qui prit le nom de "Grand Calamar" titre un peu bouffon qui temoigne de la gaîté de ces réunions basées sur la chaleureuse camaderie et l' AMITIÉ, sans snobisme aucun.
Tout baignait dans la bonne entente, quand les douloureux événements dispersèrent "les Sépias" (membres), à travers et hors de l'exagone.
Le "Grand Calamar Fondateur", échouant à Marseille,n'eut de cesse que de reconstituer la SÉPIA. C'est ainsi qu'en 1963 naquit diverses sections (17), en France, à Tahiti et la Réunion comprenant 350 Sépias.
SÉPIA - Fédération Nationale
Cette fédération a pour but de fédérer, animer, assister et relier entre elles les sections qui la constituent et dont l'objectif est de regrouper des Amis désireux de se retrouver pour se détendre, sans aucune contrainte, autour d'une table.
Elle a pour règle absolue " l'AMITIÉ", les débats politiques, religieux ou professionnels sont interdits.Regroupe Les "Sépias" qui partagent le désir de faire vivre et transmettre les traditions et la culture des Français d'Algérie (et plus généralement d'Afrique du Nord), leurs courumes, leurs usages et leur histoire, par la parole et par l'exemple.
Sa devise
"BRAS D'HONNEUR aux envieux et pisse-vinaigre et MAIN-TENDUE aux amis"

Sa Bibiographie
•Alger-Bab-el-Oued Essai 1956 - Editions Atlantis (voir historique)
•Le Journal d'Exil - La Table Ronde - 1963 aux Editions Gandini
•Lettre à un Maudit - La Table Ronde - 1963
•La Révolte - Robert Laffont - 1965
•La tragédie algérienne, du F.L.N. à l'O.A.S. Octobre et Novembre 1965. 2 numéros - dans Ecrits de Paris.
•Interdit aux chiens et aux Français - La Table Ronde - 1967
Ces ouvrages seront réédités par Antlantis dans les années 1990

Citation
" Rien n'est jamais acquis. Tout est bataille. On nous le fait bien voir.
Nous sommes gênants. On nous efface.
On a bâti une théorie du monde où nous n'avons pas de place.
On nous verse dans le néant avec nos morts, nos espérances et nos souvenirs". Jean Brune

Bibliographie
•Jean Brune, Français d' Algérie , de Francine Dessaigne 1983 Editions Gandini
•La désinformation autour de la culture des pieds-noirs -de Pierre Dimech - l'Etoile du berger-
•Jean Brune ou la révolte de la fidélité - Revue P.N.H.A n° 106 - Editions du Grand Sud - 34070 Montpellier

Liens utiles (externes)
•Jean Brune Site de B.Venis
•Les caricatures de Jean Brune site B.Venis
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